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Cheminée inutilisée : la condamner, la démolir ou l'entretenir ?

5 octobre 20267 min de lecture
Cheminée inutilisée : la condamner, la démolir ou l'entretenir ?

Une cheminée qui ne sert plus, c'est tentant de l'oublier. Elle est là, sur le toit, elle ne gêne personne, du moins c'est ce qu'on croit. En réalité, une souche abandonnée continue de vieillir, d'encaisser la pluie, le gel et le vent, sans que personne ne s'en préoccupe. À Boulogne-Billancourt comme dans le reste de la région parisienne, ce cas est très fréquent : beaucoup de maisons ont été raccordées au gaz depuis des décennies, laissant une ou plusieurs cheminées sans usage. La question n'est pas de savoir si elle pose un problème, mais quand il se posera.

Face à une cheminée inutilisée, trois chemins existent : la condamner, la démolir ou continuer à l'entretenir. Aucun n'est universellement meilleur. Tout dépend de l'état de la souche, de vos projets et de la configuration de votre toiture.

Laisser la souche en place sans rien faire : attention aux conséquences

C'est la solution par défaut, celle qu'on choisit sans vraiment la choisir. La souche reste là, on n'y pense plus, jusqu'au jour où l'on voit une tache humide au plafond ou une ardoise qui glisse.

Une souche de cheminée est exposée à tout : les variations de température, les pluies acides, le gel qui fait éclater les joints. Le solin (ce raccord en plomb ou en zinc entre la maçonnerie et la toiture) se dilate et se contracte à chaque saison. Sans entretien, il finit par se décoller. L'eau s'infiltre alors entre la souche et la couverture, chemine à l'intérieur et ressort souvent loin du point d'entrée réel, ce qui rend la fuite difficile à localiser.

Le conduit lui-même n'est pas épargné. Sans feu, sans chaleur, la condensation s'accumule à l'intérieur. Sur des conduits anciens, cette humidité fragilise les parois et peut faire tomber des morceaux de brique ou de terra cotta à l'intérieur. Moins visible, mais tout aussi problématique : les oiseaux et les insectes colonisent volontiers un conduit ouvert et inutilisé.

Ne rien faire n'est donc pas une option neutre. C'est choisir d'assumer des dégâts futurs.

Condamner la cheminée : une solution intermédiaire à bien comprendre

Condamner une cheminée inutilisée, c'est bloquer le conduit pour éviter les entrées d'air, d'eau et d'animaux, tout en conservant la souche sur le toit. C'est souvent la première étape envisagée, et elle a du sens quand la maçonnerie est encore en bon état.

Ce que recouvre réellement la condamnation

Côté toiture, on peut coiffer la souche d'une chape de béton ou d'un chapeau spécifique qui empêche la pluie de pénétrer directement dans le conduit. Le solin est vérifié et réparé si nécessaire. À l'intérieur, une trappe ou une plaque obture le conduit au niveau du foyer ou de la gaine.

Cette opération est peu coûteuse et rapide, mais elle suppose que la souche soit saine. Si la maçonnerie est fissurée, les joints vidés ou les briques au carré, condamner sans réparer n'empêchera pas les infiltrations : l'eau passera par les fissures avant même d'atteindre l'ouverture du conduit.

Le point crucial : la ventilation

Un conduit fermé hermétiquement peut poser un problème de ventilation si d'autres appareils (un poêle à bois dans une autre pièce, une VMC, une chaudière) partagent le même système de tirage ou utilisent le même conduit en dérivation. Avant toute condamnation, il faut vérifier qu'aucun autre appareil n'est raccordé, même partiellement. C'est un point que les propriétaires négligent souvent, et qui peut avoir des conséquences sérieuses en termes de tirage ou de retour de gaz de combustion.

Un couvreur expérimenté, en inspectant la toiture, peut repérer les signes d'un conduit partagé et orienter vers un ramoneur ou un chauffagiste pour compléter le diagnostic.

Démolir la souche : quand c'est la bonne décision

Démolir la souche de cheminée, c'est le choix le plus radical, et parfois le plus logique. Si la cheminée ne sera jamais réutilisée, si la souche est très dégradée ou si elle provoque des problèmes récurrents, mieux vaut supprimer le problème à la source.

Comment se déroule une démolition de souche

La souche est arasée sous le niveau de la toiture. Le conduit intérieur est bouché ou déposé selon sa nature. Mais ce qui distingue une vraie démolition d'un travail bâclé, c'est la reprise de couverture qui suit. Là où se trouvait la souche, il faut réintégrer les matériaux de couverture : tuiles, ardoises ou zinc, selon ce qui existe autour. Cette reprise doit être parfaitement exécutée, avec des recouvrements corrects et une étanchéité irréprochable.

À Saint-Cloud, par exemple, où beaucoup de pavillons des années 1950 à 1970 présentent des toitures en tuiles mécaniques avec plusieurs souches, on intervient régulièrement sur ce type de chantier : démolition, nettoyage de la zone de maçonnerie résiduelle, puis repose de tuiles assorties ou légèrement différentes selon ce qu'on trouve en stock. Le résultat est invisible depuis le sol.

La démolition nécessite-t-elle une autorisation ?

Dans la plupart des cas, supprimer une souche de cheminée est considéré comme une modification mineure de l'aspect extérieur. Cela dit, si la maison est située dans un périmètre de protection patrimoniale ou si la façade est soumise à un plan local d'urbanisme restrictif, une déclaration préalable de travaux peut être nécessaire. Renseignez-vous en mairie avant de lancer les travaux : la réponse est rapide et évite les mauvaises surprises.

Et si vous souhaitez réutiliser la cheminée un jour ?

Certains propriétaires hésitent à démolir ou à condamner définitivement parce qu'ils envisagent d'installer un insert ou un poêle à l'avenir. C'est un choix tout à fait légitime, à condition d'anticiper correctement.

Un conduit laissé sans usage pendant plusieurs années doit impérativement être contrôlé avant toute réutilisation. Les parois peuvent être dégradées, des dépôts ou des nids peuvent obstruer partiellement le tirage, et les joints d'étanchéité entre éléments tubulaires peuvent avoir cédé. Un ramonage seul ne suffit pas : un diagnostic par caméra permet de vérifier l'état réel des parois et de repérer les fissures internes.

La souche, elle, doit être inspectée extérieurement par un couvreur : joints, briques, chape de béton et solin. À Issy-les-Moulineaux, où l'habitat collectif côtoie des maisons individuelles avec des configurations de toitures variées, on rencontre des conduits qui ont dormi vingt ans et que leurs propriétaires souhaitent remettre en service. Un contrôle complet évite de chauffer un conduit fissuré ou mal étanché, ce qui présente un vrai risque d'incendie dans les combles.

Quel entretien pour une souche qu'on garde ?

Si vous décidez de conserver la souche, parce que la cheminée est décorative, parce que vous n'avez pas encore tranché, ou parce que la démolition représente un chantier que vous repoussez, l'entretien reste indispensable.

À minima, voici ce qu'il faut vérifier tous les deux à trois ans :

  • L'état du solin et de ses fixations
  • Les joints entre les briques de la souche
  • La chape ou le chapeau de couronnement
  • L'état des ardoises ou tuiles autour de la souche (glissements, cassures)
  • L'absence de végétation qui s'incruste dans les joints

Une inspection de toiture globale est souvent l'occasion idéale pour traiter ces points. Le couvreur passe dans la zone de la souche en même temps qu'il vérifie le reste de la couverture, ce qui évite de mobiliser une intervention dédiée.

À Sèvres, où les maisons en meulière des années 1920-1930 sont nombreuses, les souches en brique ancienne méritent une attention particulière : la brique de cette époque est poreuse, elle absorbe l'eau plus facilement que les matériaux modernes, et le gel fait des dégâts rapides si les joints sont abîmés.


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